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Etre minimaliste au quotidien
:
pourquoi c'est super
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L’opulence de nos sociétés industrialisées
nous entraîne à vivre dans l’excès et le matérialisme,
avides que nous sommes, de possessions en tous genres. Pris dans les filets
du consumérisme, encombrés par les tentations inutiles et
les désirs futiles, nous avons oublié qu’il existait
une façon de vivre mieux : cultiver le minimalisme afin de donner
une autre dimension à sa vie.
Le minimalisme est une tendance américaine des années
60 qui a profondément marqué l’évolution de
l’art contemporain. Il a suscité de vives réactions
notamment dans le monde de la peinture avec des pionniers comme Ad Reinhardt
ou Frank Stella pour qui "l’art exclut le superflu" car
il fut considéré comme un art de la pauvreté, un
art réducteur excluant tout ressenti, toute émotion, toute
subjectivité.
La simplicité primordiale des formes et des couleurs s’est
étendue par la suite à la sculpture, la musique, la littérature,
au design avec le fameux principe de l’architecte Mies van der Rohe
: Less is more, et jusqu’au vêtement, faisant du minimalisme
un véritable art de vivre.
S’il a été un concept nouveau dans les mouvements
artistiques, le minimalisme puise son inspiration à la philosophie
ancestrale du vivre zen des Japonais, mais se retrouve également
dans les pensées des plus anciens philosophes Grecs.
Notre
lien à l’objet est très particulier. Il est souvent
lié au passé, à l’affectif, il est porteur
d’une mémoire dont nous avons du mal à nous détacher.
Il est des héritages qui se transmettent depuis des générations,
qui nous embarrassent ou nous sécurisent. Le bien matériel
représente une valeur, une réussite familiale ou personnelle
et révèle notre identité. Il n’y a qu’à
voir le grand succès des accessoires de marques !
L’accumulation, comme l’excès, révèle
souvent des manques, des vides qu’il faut combler coûte que
coûte. A tel point que l’on peut se demander si l’objet,
totalement personnifié, ne nous possède pas ! Ce besoin
de possession se trouve exacerbé dans notre course à la
voracité sous la forme parfois d’achats compulsifs. Le geste
devient pure jouissance mais une fois l’acquisition passée,
l’on s’aperçoit avec désespoir qu’on ne
sera ni plus heureux ni plus riche ! Bien au contraire, trop d’avoir
nuit à une certaine liberté : comme des bagages lourds qui
nous empêcheraient d’avancer, l’attachement aux choses
peut être nuisible.
Le minimalisme appelle la simplicité : il s’agit de vivre
mieux en vivant avec moins, en s’allégeant aussi bien du
superflu matériel que des pensées négatives. Vivre
dans un milieu épuré aide à faire le tri dans son
esprit : un environnement sobre est plus sain et aide à la concentration
pour bien travailler. Qui n’a jamais fait l’expérience
de ranger son bureau afin d’être au clair avec ses idées
? Une maison aérée ( dans tous les sens du terme), calme
et lumineuse est un contenant nécessaire pour se ressourcer et
permet de rompre avec un dehors bruyant et agressif. Le Feng Shui est
un art Chinois qui recherche à équilibrer les énergies
qui nous entourent dans nos habitations ou sur nos lieux de travail. Plus
encore qu’un art, c’est une éthique.
Loin de la considérer comme une culture du vide,
la tendance minimaliste vise avant tout à remettre de l’ordre.
Ce désir d’épuration renvoie aux archétypes
des formes, aux éléments premiers puisque seul importe le
signifiant. Dans sa sobriété extrême, c’est
le fonctionnalisme, l’utilité, la praticité qui sont
mises en avant . Seule compte l’idée, l’essentiel,
et cela n’enlève rien à la sophistication ni à
l’esthétisme de l’objet. La qualité n’est
pas exclue ; au contraire, exacerbée, elle éveille les sens.
Le rapport à l’espace s’envisage alors différemment,
il ne peut être perçu phobogène. A
ceux qui l’assimileraient au néant, le sage proverbe rappelle
que le vide du vase a bien une fonction ! De fait le rapport au temps
change aussi : notre champ d’action s’agrandit, vierge de
toute entrave ; il nous paraît illimité, prêt pour
une créativité nouvelle.
Le minimalisme nous met face à la différence entre être
et avoir. Si nous faisions la liste de ce qui nous est vraiment indispensable,
nous serions étonnés de pouvoir vivre avec si peu. De la
sorte, il est plus aisé de vivre en adéquation avec ce que
nous sommes véritablement, libérés du poids de tant
de possessions. Nous sommes tant influencés par le monde qui nous
entoure que nous en arrivons à nous perdre et à ne plus
fonctionner avec notre vraiself. L’identité d’un individu
n’est pas liée à ce qu’il a mais à ce
qu’il est. La vraie richesse consiste à renoncer aux tentations
pour se sentir libre.
Adopter un style minimal au quotidien s’étend à de
nombreux domaines :
- la maison : aérer sa maison pour gagner de l’espace
et du confort, faire le vide pour plus de fonctionnalité ; jouer
sur des teintes douces et apaisantes, sur des monochromes clairs.
- l’alimentation : supprimer les préparations culinaires
trop compliquées, trop lourdes, en privilégiant des produits
frais et sains.
- le style vestimentaire : préférer des basiques élégants
de bonne qualité évite le gaspillage et les fautes de goût.
- l’argent : ne plus dépenser compulsivement pour mille choses
futiles lorsqu’on est gagné par la fièvre acheteuse.
- le relationnel : fuir les gens négatifs et inintéressants,
aller vers ceux qui nous aident à approfondir nos connaissances.
- l’esthétisme : se recentrer sur l’essentiel fait
redécouvrir la beauté de chaque chose.
- le temps : il n’est plus sacrifié puisque la qualité
primant sur la quantité, on va à l’essentiel.
- l’esprit : cultiver son jardin intérieur, être à
l’écoute de soi, développer la concentration, travailler
la méditation et retrouver une meilleure énergie. 
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