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Envolés, les préceptes rigoureux des
siècles passés, qui reposaient plus sur le dressage du futur
citoyen que sur l’épanouissement légitime du sujet
désirant. L’éducation a évolué, tantôt
abreuvée de théories moralistes, tantôt éclairée
par un regard ‘psy’, s’ affrontant cependant à
de lourds paradoxes : comment exercer l’autorité dont on
sait qu’elle participe à la construction de la personnalité,
sans craindre d’étouffer ou d’aliéner son enfant
? Mille ouvrages ont traité
de l’éducation de nos chères têtes blondes dans
lesquels tout et son contraire a été dit. Nombre de mères,
pourtant soucieuses de bien faire, se trouvent encore aujourd’hui
démunies face aux comportements de leur enfant, qu’il soit
en bas âge ou qu’il traverse les affres de l’adolescence.
Et se posent des questions légitimes : ‘ Est ce que je fais
bien ? Suis-je assez sévère ?’ Le discours ambiant a tellement culpabilisé les parents dans leur rôle éducatif que ceux-ci, effrayés par la responsabilité de la tâche, finissent par manquer de discernement : exit la bonne vieille fessée, dont on sait pourtant qu’utilisée à bon escient, elle permet de mettre des limites corporelles à un âge où l’enfant n’est pas encore mature pour comprendre une sanction d’ordre symbolique. Finie la hiérarchie, l’enfant, placé sur le même rang, devient l’individu à qui l’on peut se confier, puisqu’il peut tout comprendre et peut discuter de tout… Il est difficile d’imposer sa loi par la suite…D’ailleurs, il n’y a qu’à être observateur du monde marchand qui s’adresse directement aux consommateurs en culottes courtes : ceux-ci participent activement aux achats domestiques et savent plus que jamais ce qu’ils veulent ! Ils savent exercer une domination reposant sur l’assouvissement immédiat d’un besoin, d’une envie. L’enfant qui jouit de tels privilèges dont il sait très vite abuser, réduit l’adulte à asservissement. En prise avec une société orale qui tutoie le plaisir et l’instantané, l’enfant, baigné par nature dans ce principe, a d’autant plus besoin de structures qui vont répondre, de manière positive ou négative, à ses demandes, l’inscrivant de fait dans une réalité bénéfique. N’oublions pas que Freud insistait sur la résistance du sujet à toute volonté d’éducation, même bonne : « C’est même ainsi que se construit un sujet, dans la résistance du désir de l’autre. » Maintenant, on sait qu’une
éducation permissive s’avère être aussi caduque
qu’une méthode répressive. Cependant, le parent, pétri
par ses craintes de mal faire, imprégné lui-même d’une
éducation toujours présente, se projette de manière
aisée dans celui qu’il est censé élever : c’est
lui-même petit enfant sur qui il doit faire autorité. Il
ne veut surtout pas souffrir . « Mes parents étaient trop
sévères, moi je veux que mon fils soit libre de faire ce
qu’il veut ». Or, comment un enfant peut-il faire face à
une telle liberté sans s’abîmer ?
Un enfant a besoin d’être
alimenté de nourritures terrestres, affectives et intellectuelles
sans pour autant être "gavé", mais juste pour lui
permettre d’expérimenter le monde et de se frotter à
lui. Stimuler sa capacité désirante, selon l’expression
de Winnicott ( "Morale et éducation" ) afin d’éveiller
sa curiosité, afin d’épanouir sa personnalité
pour le rendre apte à agir dans la société.
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